06/03/2010

Sarkozy aux agriculteurs : l’environnement, "ça commence à bien faire"

Au cours de la table ronde organisée au Salon de l’Agriculture, à l’issue de sa visite, Nicolas Sarkozy s’est résolument prononcé pour les agriculteurs aux dépens des écologistes : l’environnement, "ça commence à bien faire" a lâché le chef de l’Etat. Des propos qui laissent présager la suspension des mesures du Grenelle de l’environnement qui concernaient l’agriculture.

France Info - Nicolas Sarkozy dans les allées du Salon de l’agriculture - © AFP/ Miguel Medina

Nicolas Sarkozy dans les allées du Salon de l'agriculture - © AFP/ Miguel Medina

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Les mesures du Grenelle de l’environnement sur l’agriculture

Le chapitre 3 de la loi Grenelle 1, adopté le 21 octobre 2008, est consacré à "une agriculture et une sylviculture diversifiées et de qualité, productives et durables".

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“Je crois à une agriculture durable... d’ailleurs les agriculteurs seraient les premières victimes des pesticides mais il faut que nous changions notre méthode de mise en œuvre des mesures environnementales en agriculture...”Dans le collimateur du chef de l’Etat, les distorsions de concurrence à l’intérieur de l’Europe. Et il a demandé aux deux ministres de tenir, “dès la semaine prochaine, un premier groupe de travail autour d’une nouvelle méthode d’analyse des mesures environnementales en agriculture.”

 

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Comment s’adapter au changement climatique :

Il s’agit de recenser les risques et de modifier les investissements.

Le Conseil économique pour le développement durable vient de publier son rapport sur l’adaptation

 

Que faire pour traverser une période de canicule et de sécheresse sans casse énergétique ? Le changement climatique va entrainer une baisse de productivité de 15% des centrales hydrauliques. Par manque d’eau. Or les centrales nucléaires ont elles aussi besoin d’eau pour se refroidir.

En 2003, il avait fallu arroser la centrale nucléaire de Fessenheim en surchauffe. Depuis on a déjà réagit mais ça ne suffira sans doute pas. Sans doute faudra-t-il constuire d’éventuelles nouvelles centrales près de la mer plutôt que le long des fleuves.

Le rapport sur l’adaptation insiste sur la nécessité de recenser les zones à risque... soumises au risque de crue ou de submersion... la tempête du w-end dernier a prouvé que ce risque est bien réel. Avec une idée qui fait son chemin : on ne pourra pas protéger partout. Il faudra accepter de détruire des infrastructures et des bâtiments. Le problème de l’adaptation c’est qu’il faut se projeter très loin dans l’avenir.

C’est le cas pour la forêt. Quelle essence planter quand on sait que le changement climatique risque d’être fatal à certaines espèces comme le chêne récolte après plus de cent ans de culture. Autre exemple, les sports d’hiver : 55 stations de ski sur 143 resteront viables. Les autres devront diversifier leur offre touristique pour survivre au manque de neige.

L’Union Européenne tempère les espoirs d’un traité sur le changement climatique en 2010


D’après une source de la Commission Européenne, il est peu probable qu’un traité international sur le changement climatique soit conclu en 2010 et il faudrait davantage se focaliser sur la conférence des Nations Unies qui aura lieu en Afrique du sud en 2011.

La Commission de l’Union Européenne a tempéré les espoirs de mettre en place un traité climatique légalement contraignant cette année lors de la prochaine conférence des Nations Unies sur le sujet qui aura lieu à Cancun au Mexique.

La branche exécutive de l’Union Européenne préfèrerait se concentrer à la place sur un sommet 2011 qui aura lieu en Afrique du sud.

 

« L’approche réaliste est de viser des rapports livrables aux sommets de Bonn et de Cancun cette année, et de viser un accord légalement contraignant en Afrique du sud » a déclaré une source de la Commission Européenne, sous condition d’anonymat.


Yvo de Boer, a déclaré qu’il « serait très difficile » de se mettre d’accord sur un traité contraignant en 2010 au niveau mondial

« Mais nous ne devrions pas abandonner l’espoir que cet accord soit atteint plus tôt » a-t-elle ajouté.

Les négociateurs climatiques de l’Union Européenne ont du mal à trouver une direction et une position depuis le Sommet de Copenhague, qui s’est achevé sur un accord non contraignant et minimaliste.

Les espoirs de parvenir à un accord international fort cette année ont été sérieusement affectés par les doutes qui ont émergé en janvier concernant les progrès réalisés par la législation climatique aux Etats-Unis, le deuxième principal pays émetteur de gaz à effet de serre.

Le projet de loi de l’administration Obama concernant le climat est en effet toujours en attente de validation par la Sénat, et il semble que le processus d’approbation sera long et tumultueux.

Le directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement climatique, Yvo de Boer, a déclaré qu’il « serait très difficile » de se mettre d’accord sur un traité contraignant en 2010 au niveau mondial.

La Commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, devrait présenter ses attentes et sa stratégie lors de discussions sur le climat mardi prochain, en se basant sur l’Accord de Copenhague.

Lors des derniers jours de la Conférence de Copenhague, quelques pays, dont les Etats-Unis et la Chine, ont élaboré un accord de principe réduit à son minimum, dont les autres participants ont « pris connaissance » et qui stipulait que les pays des Nations Unies devaient limiter le réchauffement climatique à un maximum de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Cependant, la façon dont ils doivent atteindre cet objectif n’était pas précisée, et aucun objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’a été déterminé.

La position internationale de l’Union Européenne dans les discussions climatiques est mise à mal par l’échec de cette dernière à tenir ses promesses d’assistance climatique, d’après un autre document de l’Union Européenne.

« Il y a un risque de conflit avec de nouveaux engagements financiers que l’Union Européenne a pris dans le cadre de l’Accord de Copenhague » indique le document.

L’Union Européenne a promis de distribuer 7,3 milliards d’euros « d’assistance climatique » aux pays pauvres pendant trois ans pour les aider à réduire leurs émissions et à lutter contre les impacts du changement climatique sur l’agriculture.

Mais l’accord n’a pas réussi à déterminer des mécanismes concrets quant à la distribution de l’aide et les pays pauvres craignent de ne jamais pouvoir la recevoir.

« Nous avons besoin que les nations en développement soient à nos côtés et elles attendent que l’Union Européenne prenne une position de leader » a indiqué le politique britannique Chris Davies. « Il y a beaucoup de cynisme autour des offres de financements de l’Union Européenne. C’est l’occasion de prouver que nos mots ont du sens ».

« Nous avons besoin d’unité dans l’Union Européenne » a-t-il ajouté. « Connie Hedegaard doit établir son autorité en tant que voix de l’Union Européenne sur cette question ».


04/03/2010

Aide publique au développement

Directeur général de l'AFD, Agence française de développement, depuis 2001, Jean-Michel Séverino plaide pour de nouvelles politiques de soutien aux pays du Sud.

jean-michel severino

La Tribune - L'aide publique au développement (APD) va connaître de profonds changements selon vous. Pourquoi ?

Jean-Michel Séverino - Je vois au moins trois raisons qui aboutissent à la mort de l'APD dans sa forme actuelle. La première est l'éclatement des acteurs qui assurent cette aide. Jusque dans les années 1980, l'APD était surtout assurée par les États du Nord. Et la société civile était peu représentée. Mais on assiste progressivement à l'entrée en scène des pays émergents et de ceux de l'ancien bloc de l'Est, avec en parallèle, une décomposition des intervenants étatiques du Nord. Il y a donc aujourd'hui une multiplicité d'acteurs, dont certains n'adhèrent pas à la déclaration de Paris de mars 2005 sur l'efficacité de l'aide et la transparence des ressources. De plus, certains d'entre eux n'ont pas d'action directe sur le terrain. Ils recherchent parfois un impact systémique et non local : Unitaid, la plateforme d'achat de médicaments à l'échelle planétaire, est une forme d'APD qui agit sur la politique de santé. La montée en puissance d'un flux d'aide privée est un autre volet de cet éclatement. Ce flux représente désormais 40 milliards de dollars par an, presque autant que les décaissements publics. La deuxième raison de la fin de l'APD est la diversification des défis que la coopération internationale est amenée à relever : la pauvreté, mais aussi les crises sanitaire, climatique, alimentaire...

- Le coût de moins en moins tolérable de l'APD n'est-il pas le problème numéro un ?

- C'est la troisième raison. Les besoins de politique publique vont croissant et coûtent de plus en plus cher. Une planète de 9 milliards d'habitants d'ici à 2050 impose une gestion collective des conséquences de cette démographie. À cela s'ajoute le coût très important du changement climatique. Et les pays en développement (PED) sont très attentifs à ce que l'aide climatique s'ajoute à l'APD et ne se substitue pas à elle. Les contributions des populations risquent de devoir être multipliées par deux, trois ou quatre. Il va être de plus en plus difficile aux pays donateurs d'accroître les niveaux de contribution. Cela explique que les pays développés soient à la recherche de ressources nouvelles de financement. Les outils traditionnels de l'APD sont donc dépassés par la diversification accélérée du paysage de l'aide et par les défis qu'elle doit relever. L'aide est contrainte d'innover, non seulement pour mobiliser davantage de ressources, mais aussi pour s'adapter à des objectifs de plus en plus diversifiés et à une gamme d'acteurs nouveaux.

- Que proposez-vous ?

- Il faut complètement remettre à plat nos politiques publiques d'aide au développement. Et nous demander ce que nous voulons faire, quel impact nous visons et pourquoi. Il faut avoir le courage de ne plus regarder vers le passé. L'ampleur de l'évolution démographique, l'agenda international nous l'imposent.

- Quelles sont vos pistes de réflexion ?

- Les motivations de l'APD ont profondément changé. Jusque dans les années 1980, le souci géopolitique était très présent : les démocraties occidentales menaient une politique de « containment » [endiguement, Ndlr] de l'URSS. Après la chute du mur de Berlin, l'APD a beaucoup diminué. Au fil des années 1990, le Nord a affiché un souci de solidarité internationale et de compassion. Aujourd'hui, les motivations humanitaires de l'aide demeurent bien entendu valables. Mais l'aide doit aussi répondre à d'autres besoins. Certains pays sont pour des raisons sociétales ou géopolitiques en dehors des grands courants de convergence mondiaux, en termes de PIB notamment. L'APD peut remplir une fonction d'intégration à l'économie mondiale et de renforcement des capacités. Elle peut aussi travailler à réduire certaines inégalités, qui s'amplifient, par la fourniture de biens et de services essentiels. C'est pourquoi il faudra réviser les objectifs du millénaire (ODM), qui ont été conçus comme une mécanique de redistribution internationale indépendante de tout objectif de rattrapage de croissance.

- Vous semblez remettre en cause le rôle des grands Fonds, comme le Fonds mondial de l'environnement. Ne répondent-ils plus aux grands besoins des pays en développement ?

- La question de l'environnement a pris beaucoup d'importance. Elle est même devenue une composante des problématiques sociales. Il faut aussi assurer l'accompagnement de la libéralisation du commerce international, dont on ne parlait pas il y a quinze ans. Les pays en développement doivent mettre en place des réglementations douanières, tenir des statistiques économiques et commerciales... À cela s'ajoutent les dossiers géopolitiques tels que l'Afghanistan ou le Pakistan et les mesures de prévention ou de gestion des crises. Il faut également unifier les règles contre le blanchiment d'argent, assurer les équilibres économiques internationaux, résoudre des crises comme celle que nous traversons, organiser une coopération internationale contre la corruption et le terrorisme. Des biens publics mondiaux doivent être enfin protégés, qu'il s'agisse du climat ou de la biodiversité. Beaucoup de pays sont en position de recevoir des compensations au titre de la protection de ces biens publics mondiaux comme la forêt. D'autres ont besoin d'être aidés à surmonter des difficultés telles que les pandémies.

Propos recueillis par Laurent Chemineau

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Stockage géologique du CO2

Le CO2 peut être stocké dans des aquifères salins profonds, dans des gisements pétroliers et gaziers en voie d’épuisement et dans des veines de charbon.

Trois types de stockage géologique sont envisageables :

- Le stockage dans les aquifères salins profonds qui offrent les capacités de stockage les plus importantes (capacité estimée par le GIEC à 10 000 milliards de tonnes de CO2, source IPCC 2005).

- Le stockage dans des gisements de pétrole et de gaz naturels épuisés ou en phase de déclin, est l’adaptation d’un procédé déjà largement expérimenté dans l’industrie pétrolière appelé EOR et destiné à améliorer la productivité des champs de pétrole.

- Le stockage dans des veines de charbon profondes inexploitables, qui bénéficie de l’affinité du CO2 pour le charbon. Il reprend la méthode dite de récupération ECBM (Enhanced Coal Bed Methane) pour exploiter le gaz naturel piégé dans ces structures.

Le CO2 plus léger que l’eau aura tendance à remonter vers la surface, aussi pour garantir l'étanchéité du stockage. Il faut vérifier la présence, au-dessus de la roche réservoir, d'une couverture imperméable, composée par exemple d'argiles ou de sels.

Au-delà de 800 m de profondeur et à l'état supercritique

Le CO2 doit être injecté à une profondeur suffisante dans le sous-sol afin d'atteindre les conditions de pression et de température qui déterminent son passage à l'état supercritique (plus de 31 °C à 74 bars de pression). Dans cet état, le CO2 est plus dense et occupe moins de volume. La profondeur nécessaire pour atteindre l'état supercritique dépend de la température locale en profondeur, elle se situe entre 700 et 900 mètres.

Une station au bout du jardin

ISBERGUES ET ARTOIS-FLANDRES

Le climat du village passé au crible

jeudi 04.03.2010, 14:00

 

Les yeux rivés sur son écran d'ordinateur, Frédéric Grosso relève et passe au crible les données recueillies par la station météo installée au fond de son jardin : pluviométrie, hydrométrie, températures.

.. La petite boîte est plantée à 1,20 mètre du sol, selon les normes prescrites par météo France.
Le virus de la climatologie, Frédéric l'a attrapé pendant ses études de géographie. S'il est aujourd'hui fonctionnaire, il n'en reste pas moins passionné.
Ces données, relevées toutes les dix minutes, sont transmises à une centrale informatique installée dans le bureau, puis analysées par un logiciel allemand performant. Puis, à la main, Frédéric les enregistre sur le site internet qu'il leur a consacré. Elles alimenteront également deux sites étrangers, l'un en Autriche, l'autre aux États-Unis.
En temps réel, la météo détaillée du village est accessible au monde entier : « Parmi les soixante-dix visites sur mon site, j'ai recensé des étrangers qui venaient régulièrement. Peut-être des passionnés comme moi, ou des expatriés ? » sourit Frédéric. Ces relevés peuvent être utiles, par exemple, aux exploitants du coin : « Un cultivateur appréciera de connaître les données de son village. Bien sûr, il peut aussi les demander directement à météo France, mais là ce n'est pas gratuit, c'est même plutôt cher ! » explique Frédéric. Chez météo France, même les cartes radars sont payantes. « Alors que moi, je me sers des cartes belges ou hollandaises, sur lesquelles notre région apparaît. Elles sont gratuites. En Belgique, les stations amateurs travaillent même souvent avec la météorologie nationale ! » Samedi matin, sur le site de Frédéric, les voyants étaient à l'orange : « Regardez la courbe de la pression atmosphérique, puis ce radar en temps réel diffusé par la Hollande... On voit bien arriver la tempête annoncée ! » Quand on lui parle de réchauffement climatique, Frédéric hausse les épaules : « Ma station, je ne l'ai installée qu'il y a cinq ans. Il me faudrait des données sur trente ans pour pouvoir étudier une évolution ». Pour l'instant, il constate que si les températures restent stables, l'été et l'hiver sont davantage marqués, alors que les anomalies se multiplient au printemps et en automne. « Regardez cette année, en novembre, il a plu trois fois plus que d'habitude ! Et cet hiver a été particulièrement bien marqué ». Quant au rôle de l'homme dans tout ça ? « La pollution accentue certainement le réchauffement. Mais on sait aussi que, dans le passé, il y a eu un réchauffement avant chaque phase de glaciation. Comme partout, il y a ceux qui accusent, et ceux qui tempèrent ».

Hélène FRUCHART
http://pagesperso-orange.fr/lignylesaire/

Changement climatique : diminuer l'impact de l'agriculture


AGRICULTURE - Actu-Environnement.com - 04/03/2010 

© Cyrano

L'agriculture française serait responsable de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Le puits carbone lié à l'UTCF (utilisation des terres, changements et forêt) contribuerait à réduire ces émissions brutes de 11 %.
Entre 1990 et 2005, les émissions de l'agriculture ont diminué de 11 %, une évolution liée principalement à la baisse des effectifs animaux et une réduction des apports d'engrais azotés. D'ici 2020, cette tendance devrait se poursuivre de manière plus ou moins forte selon les scénarios (entre 3,4 et 12,3 %).
Une des spécificités du secteur agricole tient à la prépondérance des émissions en gaz autres que le CO2. L'agriculture est en effet le principal secteur émetteur de méthane et de protoxyde d'azote, représentant respectivement 72 % et 77 % des émissions brutes françaises.
La contribution de l'agriculture et de la forêt est plus importante en France que dans la plupart des autres pays européens : pour l'ensemble des pays de l'UE15, elle s'élève à un peu moins de 10 % des émissions totales, selon l'European environment agency. Cette particularité française s'explique par le faible poids du mix énergétique français dans les émissions de GES et par l'importance du secteur agricole. 
Alors que l'Europe s'est fixé un objectif de diminution des émissions de GES de 20 % à l'horizon 2020 (30 % selon les résultats des négociations sur le climat), la réduction de la part du secteur agricole en France apparaît comme une priorité.
Cependant, cette réduction ne pourra pas être obtenue facilement. A moins d'une baisse de l'activité agricole, il faudra user d'outils incitatifs pour impulser une transition vers des pratiques moins émettrices. Aujourd'hui, l'agriculture n'est pas concernée par le marché carbone, principal instrument économique de régulation des émissions de GES, car peu émettrice de CO2. La mise en place d'un outil spécifique pourrait être envisagée. Cependant, les difficultés d'évaluation des émissions et absorptions du secteur agricole rendent complexe la mise en place d'un tel dispositif. 

Des difficultés d'estimation des émissions et absorptions

Selon le périmètre retenu, les émissions de GES du secteur agricole sont plus ou moins importantes. Si l'on prend l'amont et l'aval par exemple (changement d'affectation des sols, fabrication des engrais, transformation des produits agricoles), celles-ci peuvent être revues à la hausse. 
Mais la difficulté principale dans l'estimation des émissions/absorptions de GES d'origine agricole tient aux facteurs d'émission, c'est-à-dire à la dimension biologique inhérente aux processus d'émissions, qui induit une variabilité plus grande.
Aujourd'hui, les scientifiques se basent sur des relations moyennes agrégeant les mesures disponibles dans différents contextes pour proposer des facteurs d'émission. De ce fait, ces facteurs ne reflètent pas toujours parfaitement l'effet de certaines pratiques sur les émissions dans les conditions d'un pays donné. Des modifications de l'alimentation, de la productivité des activités animales, du travail des sols peuvent influencer les émissions, mais ces différences n'apparaissent pas toujours dans les calculs. 
Outre les facteurs d'évaluation, les calculs peuvent donner des résultats très différents selon qu'ils sont rapportés à la tonne de viande produite ou à l'hectare. Une étude de l'INRA sur l'élevage bovin allaitant révèle que les élevages intensifs à l'animal (engraisseurs) sont moins émetteurs par tonne de viande produite que les autres types d'élevages. Ramenées à l'hectare, les émissions seraient moins importantes pour les types d'élevage biologique (assolement, rotation des terres) et non spécialisés (naisseurs engraisseurs, polyculture/élevage)... 
Le seul calcul des émissions de GES donne également une vision réduite de l'impact environnemental global (positif et négatif) du secteur agricole. Quid du maintien des surfaces en herbe (filtration de l'eau, biodiversité…) par exemple ?
Le calcul du pouvoir des stockages des sols est complexe également. Les apports de matière organique, qui stocke le carbone, varient selon la production végétale, animale et l'activité des microorganismes du sol.

Intégrer le coût des émissions aux prix agricoles ?

Ces difficultés de mesure rendent difficile la mise en place de dispositifs visant une réduction des émissions agricoles de GES. Les incertitudes liées au calcul des émissions ou de l'absorption de GES par l'agriculture sont très importantes. Pourtant, sans mesures de régulation, le potentiel de réduction de ces émissions est limité. 
Envoyer un signal prix aux consommateurs et aux producteurs pourrait être efficace pour réduire ces émissions. Mais sur quelle base fonder ce signal ? Les coûts de modification des pratiques peuvent être très variables et si certains postes de réduction sont accessibles (changement de l'alimentation animale, réduction de l'utilisation d'azote), d'autres mesures ont un coût beaucoup plus élevé (réduction du nombre d'animaux par exemple). 
Le dispositif devrait donc être orienté en priorité vers les acteurs qui ont les coûts de réduction des émissions les plus faibles (objectifs de réduction plus importants par exemple) afin que le coût supporté par l'ensemble de la société soit le plus faible. 

Sophie Fabrégat

Le gouvernement Hatoyama est-il en train de faire machine arrière sur le climat?

Le Japon présente son projet de loi Climat

Avant d’accéder au poste de Premier ministre, début septembre 2009, le leader du parti démocrate japonais avait de grandes ambitions climatiques: réduction d’un quart, par rapport à 1990, des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (1), ouverture d’un marché de quotas d’émissions de CO2 (comparable à l’ETS européen), mise en place d’une taxe carbone. Depuis, l’arsenal s’est sensiblement réduit. Sommairement présenté à la fin de la semaine dernière par le ministère nippon de l’environnement, le projet de loi sur la lutte contre le changement climatique s’avère des plus flous. Seule certitude: il ne mentionne pas le moindre marché de permis d’émission. Certes, le texte évoque la possibilité de taxer les émissions de gaz carbonique, sans toutefois préciser quels secteurs verraient ainsi alourdie leur fiscalité. Pour pouvoir être examiné par le parlement durant cette session, le texte doit être adopté par le gouvernement avant le 12 mars. Dans sa lettre adressée le 26 janvier au Secrétariat de la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, le Japon indique vouloir réduire de 25% ses émissions d’ici 2020, à condition d’être suivi par tous les autres grands pays. Une condition qui est loin d’être remplie.

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Plan climat énergie : le futur de la terre s'écrit au présent

Midi Pyrénées

«Pour réduire les émission de gaz à effet de serre, il est d'abord primordial d'établir un bilan carbone pour savoir où l'on n'est pas performant» insiste Arnaud Lafon. Photo DR

Faut pas bâcler.

Surtout quand il s'agit de l'avenir de la planète. Lundi soir lors de la réunion mensuelle du Sicoval, les élus, ayant très longuement planché sur le débat d'orientation budgétaire avec pour conclusion raisonnée la décision de jouer les cartes prudence et rigueur (NDLR : Voir le Dépêche du Midi d'hier), ont répondu par l'affirmative à Arnaud Lafon, vice-président de la communauté et maire de Castanet, en charge de la mise en œuvre du plan climat énergie territorial, leur demandant de le reporter au prochain conseil. « C'est un dossier d'une importance majeure pour lequel il ne faut surtout pas débattre à la légère en peu de temps. Il en va de l'avenir de notre planète » précisait Arnaud Lafon, qui a tout de même voulu lever le voile sur un plan qui va interagir avec la société et tous ses acteurs. Un dossier que le Sicoval, réputé pour sa politique visionnaire notamment en matière d'environnement, a anticipé avant qu'il ne soit décrété obligatoire au 31 décembre 2012 dans tous les territoires.

D'abord établir le bilan carbone

Alors comment s'architecture ce plan climat énergie dont le socle est la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? D'abord, il doit être précédé d'un paramètre prépondérant : le bilan carbone. Comme le confirmait l'élu castanéen avec le discours d'une méthode très carrée : « La première étape de ce plan est en effet le bilan carbone. On doit recenser à travers ce bilan les domaines où l'on n'est pas performant. Un cabinet d'études a été nommé pour faire ce travail. Il en aura un coût de 30 000€. Nous avons aussi nommé en interne un chargé de mission, Jérémy Bernard. Une fois ce plan carbone en mains, on fera le bilan des émissions de gaz à effet de serre. Nous établirons par la suite un plan d'atténuation et d'adaptation. » Un programme d'actions verra ensuite le jour pour améliorer l'efficacité énergétique et augmenter la production d'énergie renouvelable. « Ces premières actions nous coûteront environ 60 000€. »

Soirée de lancement le 8 avril avec le public

Si à sa propre échelle, le Sicoval se fixe un devoir d'éco-responsable. Il est indéniable que la communauté d'agglomération doit aussi assumer le rôle de Père protecteur de l'environnement en fédérant et en mobilisant les acteurs du territoire. « C'est capital de sensibiliser la population. C'est pourquoi le 8 avril prochain (NDLR : le lieu n'est pas encore déterminé), nous donnons rendez-vous à tous les Sicovaliens pour une soirée de lancement de ce plan climat avec des débats et des films documentaires expliquant le pourquoi de l'absolue nécessité de ce plan » renchérissait Arnaud Lafon qui dressait une première liste des bénéfices de ce plan : « Il fera baisser la facture énergétique face à la hausse du coût énergétique et limitera les charges de fonctionnement. Il diminuera fortement la dépendance énergétique. Il permettra de combattre les situations de précarité énergétique et contribuera aux engagements mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre », et de rajouter la conscience en éveil : « Ce plan assurera le maintien du service public face à la raréfaction reconnue des énergies fossiles, le pétrole particulièrement, et les changements climatiques. » Le futur de la terre s'écrit au présent.

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