06/03/2010

Comment s’adapter au changement climatique :

Il s’agit de recenser les risques et de modifier les investissements.

Le Conseil économique pour le développement durable vient de publier son rapport sur l’adaptation

 

Que faire pour traverser une période de canicule et de sécheresse sans casse énergétique ? Le changement climatique va entrainer une baisse de productivité de 15% des centrales hydrauliques. Par manque d’eau. Or les centrales nucléaires ont elles aussi besoin d’eau pour se refroidir.

En 2003, il avait fallu arroser la centrale nucléaire de Fessenheim en surchauffe. Depuis on a déjà réagit mais ça ne suffira sans doute pas. Sans doute faudra-t-il constuire d’éventuelles nouvelles centrales près de la mer plutôt que le long des fleuves.

Le rapport sur l’adaptation insiste sur la nécessité de recenser les zones à risque... soumises au risque de crue ou de submersion... la tempête du w-end dernier a prouvé que ce risque est bien réel. Avec une idée qui fait son chemin : on ne pourra pas protéger partout. Il faudra accepter de détruire des infrastructures et des bâtiments. Le problème de l’adaptation c’est qu’il faut se projeter très loin dans l’avenir.

C’est le cas pour la forêt. Quelle essence planter quand on sait que le changement climatique risque d’être fatal à certaines espèces comme le chêne récolte après plus de cent ans de culture. Autre exemple, les sports d’hiver : 55 stations de ski sur 143 resteront viables. Les autres devront diversifier leur offre touristique pour survivre au manque de neige.

L’Union Européenne tempère les espoirs d’un traité sur le changement climatique en 2010


D’après une source de la Commission Européenne, il est peu probable qu’un traité international sur le changement climatique soit conclu en 2010 et il faudrait davantage se focaliser sur la conférence des Nations Unies qui aura lieu en Afrique du sud en 2011.

La Commission de l’Union Européenne a tempéré les espoirs de mettre en place un traité climatique légalement contraignant cette année lors de la prochaine conférence des Nations Unies sur le sujet qui aura lieu à Cancun au Mexique.

La branche exécutive de l’Union Européenne préfèrerait se concentrer à la place sur un sommet 2011 qui aura lieu en Afrique du sud.

 

« L’approche réaliste est de viser des rapports livrables aux sommets de Bonn et de Cancun cette année, et de viser un accord légalement contraignant en Afrique du sud » a déclaré une source de la Commission Européenne, sous condition d’anonymat.


Yvo de Boer, a déclaré qu’il « serait très difficile » de se mettre d’accord sur un traité contraignant en 2010 au niveau mondial

« Mais nous ne devrions pas abandonner l’espoir que cet accord soit atteint plus tôt » a-t-elle ajouté.

Les négociateurs climatiques de l’Union Européenne ont du mal à trouver une direction et une position depuis le Sommet de Copenhague, qui s’est achevé sur un accord non contraignant et minimaliste.

Les espoirs de parvenir à un accord international fort cette année ont été sérieusement affectés par les doutes qui ont émergé en janvier concernant les progrès réalisés par la législation climatique aux Etats-Unis, le deuxième principal pays émetteur de gaz à effet de serre.

Le projet de loi de l’administration Obama concernant le climat est en effet toujours en attente de validation par la Sénat, et il semble que le processus d’approbation sera long et tumultueux.

Le directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement climatique, Yvo de Boer, a déclaré qu’il « serait très difficile » de se mettre d’accord sur un traité contraignant en 2010 au niveau mondial.

La Commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, devrait présenter ses attentes et sa stratégie lors de discussions sur le climat mardi prochain, en se basant sur l’Accord de Copenhague.

Lors des derniers jours de la Conférence de Copenhague, quelques pays, dont les Etats-Unis et la Chine, ont élaboré un accord de principe réduit à son minimum, dont les autres participants ont « pris connaissance » et qui stipulait que les pays des Nations Unies devaient limiter le réchauffement climatique à un maximum de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Cependant, la façon dont ils doivent atteindre cet objectif n’était pas précisée, et aucun objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’a été déterminé.

La position internationale de l’Union Européenne dans les discussions climatiques est mise à mal par l’échec de cette dernière à tenir ses promesses d’assistance climatique, d’après un autre document de l’Union Européenne.

« Il y a un risque de conflit avec de nouveaux engagements financiers que l’Union Européenne a pris dans le cadre de l’Accord de Copenhague » indique le document.

L’Union Européenne a promis de distribuer 7,3 milliards d’euros « d’assistance climatique » aux pays pauvres pendant trois ans pour les aider à réduire leurs émissions et à lutter contre les impacts du changement climatique sur l’agriculture.

Mais l’accord n’a pas réussi à déterminer des mécanismes concrets quant à la distribution de l’aide et les pays pauvres craignent de ne jamais pouvoir la recevoir.

« Nous avons besoin que les nations en développement soient à nos côtés et elles attendent que l’Union Européenne prenne une position de leader » a indiqué le politique britannique Chris Davies. « Il y a beaucoup de cynisme autour des offres de financements de l’Union Européenne. C’est l’occasion de prouver que nos mots ont du sens ».

« Nous avons besoin d’unité dans l’Union Européenne » a-t-il ajouté. « Connie Hedegaard doit établir son autorité en tant que voix de l’Union Européenne sur cette question ».


04/03/2010

Aide publique au développement

Directeur général de l'AFD, Agence française de développement, depuis 2001, Jean-Michel Séverino plaide pour de nouvelles politiques de soutien aux pays du Sud.

jean-michel severino

La Tribune - L'aide publique au développement (APD) va connaître de profonds changements selon vous. Pourquoi ?

Jean-Michel Séverino - Je vois au moins trois raisons qui aboutissent à la mort de l'APD dans sa forme actuelle. La première est l'éclatement des acteurs qui assurent cette aide. Jusque dans les années 1980, l'APD était surtout assurée par les États du Nord. Et la société civile était peu représentée. Mais on assiste progressivement à l'entrée en scène des pays émergents et de ceux de l'ancien bloc de l'Est, avec en parallèle, une décomposition des intervenants étatiques du Nord. Il y a donc aujourd'hui une multiplicité d'acteurs, dont certains n'adhèrent pas à la déclaration de Paris de mars 2005 sur l'efficacité de l'aide et la transparence des ressources. De plus, certains d'entre eux n'ont pas d'action directe sur le terrain. Ils recherchent parfois un impact systémique et non local : Unitaid, la plateforme d'achat de médicaments à l'échelle planétaire, est une forme d'APD qui agit sur la politique de santé. La montée en puissance d'un flux d'aide privée est un autre volet de cet éclatement. Ce flux représente désormais 40 milliards de dollars par an, presque autant que les décaissements publics. La deuxième raison de la fin de l'APD est la diversification des défis que la coopération internationale est amenée à relever : la pauvreté, mais aussi les crises sanitaire, climatique, alimentaire...

- Le coût de moins en moins tolérable de l'APD n'est-il pas le problème numéro un ?

- C'est la troisième raison. Les besoins de politique publique vont croissant et coûtent de plus en plus cher. Une planète de 9 milliards d'habitants d'ici à 2050 impose une gestion collective des conséquences de cette démographie. À cela s'ajoute le coût très important du changement climatique. Et les pays en développement (PED) sont très attentifs à ce que l'aide climatique s'ajoute à l'APD et ne se substitue pas à elle. Les contributions des populations risquent de devoir être multipliées par deux, trois ou quatre. Il va être de plus en plus difficile aux pays donateurs d'accroître les niveaux de contribution. Cela explique que les pays développés soient à la recherche de ressources nouvelles de financement. Les outils traditionnels de l'APD sont donc dépassés par la diversification accélérée du paysage de l'aide et par les défis qu'elle doit relever. L'aide est contrainte d'innover, non seulement pour mobiliser davantage de ressources, mais aussi pour s'adapter à des objectifs de plus en plus diversifiés et à une gamme d'acteurs nouveaux.

- Que proposez-vous ?

- Il faut complètement remettre à plat nos politiques publiques d'aide au développement. Et nous demander ce que nous voulons faire, quel impact nous visons et pourquoi. Il faut avoir le courage de ne plus regarder vers le passé. L'ampleur de l'évolution démographique, l'agenda international nous l'imposent.

- Quelles sont vos pistes de réflexion ?

- Les motivations de l'APD ont profondément changé. Jusque dans les années 1980, le souci géopolitique était très présent : les démocraties occidentales menaient une politique de « containment » [endiguement, Ndlr] de l'URSS. Après la chute du mur de Berlin, l'APD a beaucoup diminué. Au fil des années 1990, le Nord a affiché un souci de solidarité internationale et de compassion. Aujourd'hui, les motivations humanitaires de l'aide demeurent bien entendu valables. Mais l'aide doit aussi répondre à d'autres besoins. Certains pays sont pour des raisons sociétales ou géopolitiques en dehors des grands courants de convergence mondiaux, en termes de PIB notamment. L'APD peut remplir une fonction d'intégration à l'économie mondiale et de renforcement des capacités. Elle peut aussi travailler à réduire certaines inégalités, qui s'amplifient, par la fourniture de biens et de services essentiels. C'est pourquoi il faudra réviser les objectifs du millénaire (ODM), qui ont été conçus comme une mécanique de redistribution internationale indépendante de tout objectif de rattrapage de croissance.

- Vous semblez remettre en cause le rôle des grands Fonds, comme le Fonds mondial de l'environnement. Ne répondent-ils plus aux grands besoins des pays en développement ?

- La question de l'environnement a pris beaucoup d'importance. Elle est même devenue une composante des problématiques sociales. Il faut aussi assurer l'accompagnement de la libéralisation du commerce international, dont on ne parlait pas il y a quinze ans. Les pays en développement doivent mettre en place des réglementations douanières, tenir des statistiques économiques et commerciales... À cela s'ajoutent les dossiers géopolitiques tels que l'Afghanistan ou le Pakistan et les mesures de prévention ou de gestion des crises. Il faut également unifier les règles contre le blanchiment d'argent, assurer les équilibres économiques internationaux, résoudre des crises comme celle que nous traversons, organiser une coopération internationale contre la corruption et le terrorisme. Des biens publics mondiaux doivent être enfin protégés, qu'il s'agisse du climat ou de la biodiversité. Beaucoup de pays sont en position de recevoir des compensations au titre de la protection de ces biens publics mondiaux comme la forêt. D'autres ont besoin d'être aidés à surmonter des difficultés telles que les pandémies.

Propos recueillis par Laurent Chemineau

21:40 Scritto da: jeanlouislar in developpement durable, tecnologia | Link permanente | Commenti (0) | Segnala | Tag: afd | OKNOtizie |  Facebook