04/03/2010

Changement climatique : diminuer l'impact de l'agriculture


AGRICULTURE - Actu-Environnement.com - 04/03/2010 

© Cyrano

L'agriculture française serait responsable de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Le puits carbone lié à l'UTCF (utilisation des terres, changements et forêt) contribuerait à réduire ces émissions brutes de 11 %.
Entre 1990 et 2005, les émissions de l'agriculture ont diminué de 11 %, une évolution liée principalement à la baisse des effectifs animaux et une réduction des apports d'engrais azotés. D'ici 2020, cette tendance devrait se poursuivre de manière plus ou moins forte selon les scénarios (entre 3,4 et 12,3 %).
Une des spécificités du secteur agricole tient à la prépondérance des émissions en gaz autres que le CO2. L'agriculture est en effet le principal secteur émetteur de méthane et de protoxyde d'azote, représentant respectivement 72 % et 77 % des émissions brutes françaises.
La contribution de l'agriculture et de la forêt est plus importante en France que dans la plupart des autres pays européens : pour l'ensemble des pays de l'UE15, elle s'élève à un peu moins de 10 % des émissions totales, selon l'European environment agency. Cette particularité française s'explique par le faible poids du mix énergétique français dans les émissions de GES et par l'importance du secteur agricole. 
Alors que l'Europe s'est fixé un objectif de diminution des émissions de GES de 20 % à l'horizon 2020 (30 % selon les résultats des négociations sur le climat), la réduction de la part du secteur agricole en France apparaît comme une priorité.
Cependant, cette réduction ne pourra pas être obtenue facilement. A moins d'une baisse de l'activité agricole, il faudra user d'outils incitatifs pour impulser une transition vers des pratiques moins émettrices. Aujourd'hui, l'agriculture n'est pas concernée par le marché carbone, principal instrument économique de régulation des émissions de GES, car peu émettrice de CO2. La mise en place d'un outil spécifique pourrait être envisagée. Cependant, les difficultés d'évaluation des émissions et absorptions du secteur agricole rendent complexe la mise en place d'un tel dispositif. 

Des difficultés d'estimation des émissions et absorptions

Selon le périmètre retenu, les émissions de GES du secteur agricole sont plus ou moins importantes. Si l'on prend l'amont et l'aval par exemple (changement d'affectation des sols, fabrication des engrais, transformation des produits agricoles), celles-ci peuvent être revues à la hausse. 
Mais la difficulté principale dans l'estimation des émissions/absorptions de GES d'origine agricole tient aux facteurs d'émission, c'est-à-dire à la dimension biologique inhérente aux processus d'émissions, qui induit une variabilité plus grande.
Aujourd'hui, les scientifiques se basent sur des relations moyennes agrégeant les mesures disponibles dans différents contextes pour proposer des facteurs d'émission. De ce fait, ces facteurs ne reflètent pas toujours parfaitement l'effet de certaines pratiques sur les émissions dans les conditions d'un pays donné. Des modifications de l'alimentation, de la productivité des activités animales, du travail des sols peuvent influencer les émissions, mais ces différences n'apparaissent pas toujours dans les calculs. 
Outre les facteurs d'évaluation, les calculs peuvent donner des résultats très différents selon qu'ils sont rapportés à la tonne de viande produite ou à l'hectare. Une étude de l'INRA sur l'élevage bovin allaitant révèle que les élevages intensifs à l'animal (engraisseurs) sont moins émetteurs par tonne de viande produite que les autres types d'élevages. Ramenées à l'hectare, les émissions seraient moins importantes pour les types d'élevage biologique (assolement, rotation des terres) et non spécialisés (naisseurs engraisseurs, polyculture/élevage)... 
Le seul calcul des émissions de GES donne également une vision réduite de l'impact environnemental global (positif et négatif) du secteur agricole. Quid du maintien des surfaces en herbe (filtration de l'eau, biodiversité…) par exemple ?
Le calcul du pouvoir des stockages des sols est complexe également. Les apports de matière organique, qui stocke le carbone, varient selon la production végétale, animale et l'activité des microorganismes du sol.

Intégrer le coût des émissions aux prix agricoles ?

Ces difficultés de mesure rendent difficile la mise en place de dispositifs visant une réduction des émissions agricoles de GES. Les incertitudes liées au calcul des émissions ou de l'absorption de GES par l'agriculture sont très importantes. Pourtant, sans mesures de régulation, le potentiel de réduction de ces émissions est limité. 
Envoyer un signal prix aux consommateurs et aux producteurs pourrait être efficace pour réduire ces émissions. Mais sur quelle base fonder ce signal ? Les coûts de modification des pratiques peuvent être très variables et si certains postes de réduction sont accessibles (changement de l'alimentation animale, réduction de l'utilisation d'azote), d'autres mesures ont un coût beaucoup plus élevé (réduction du nombre d'animaux par exemple). 
Le dispositif devrait donc être orienté en priorité vers les acteurs qui ont les coûts de réduction des émissions les plus faibles (objectifs de réduction plus importants par exemple) afin que le coût supporté par l'ensemble de la société soit le plus faible. 

Sophie Fabrégat

Le gouvernement Hatoyama est-il en train de faire machine arrière sur le climat?

Le Japon présente son projet de loi Climat

Avant d’accéder au poste de Premier ministre, début septembre 2009, le leader du parti démocrate japonais avait de grandes ambitions climatiques: réduction d’un quart, par rapport à 1990, des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (1), ouverture d’un marché de quotas d’émissions de CO2 (comparable à l’ETS européen), mise en place d’une taxe carbone. Depuis, l’arsenal s’est sensiblement réduit. Sommairement présenté à la fin de la semaine dernière par le ministère nippon de l’environnement, le projet de loi sur la lutte contre le changement climatique s’avère des plus flous. Seule certitude: il ne mentionne pas le moindre marché de permis d’émission. Certes, le texte évoque la possibilité de taxer les émissions de gaz carbonique, sans toutefois préciser quels secteurs verraient ainsi alourdie leur fiscalité. Pour pouvoir être examiné par le parlement durant cette session, le texte doit être adopté par le gouvernement avant le 12 mars. Dans sa lettre adressée le 26 janvier au Secrétariat de la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, le Japon indique vouloir réduire de 25% ses émissions d’ici 2020, à condition d’être suivi par tous les autres grands pays. Une condition qui est loin d’être remplie.

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Plan climat énergie : le futur de la terre s'écrit au présent

Midi Pyrénées

«Pour réduire les émission de gaz à effet de serre, il est d'abord primordial d'établir un bilan carbone pour savoir où l'on n'est pas performant» insiste Arnaud Lafon. Photo DR

Faut pas bâcler.

Surtout quand il s'agit de l'avenir de la planète. Lundi soir lors de la réunion mensuelle du Sicoval, les élus, ayant très longuement planché sur le débat d'orientation budgétaire avec pour conclusion raisonnée la décision de jouer les cartes prudence et rigueur (NDLR : Voir le Dépêche du Midi d'hier), ont répondu par l'affirmative à Arnaud Lafon, vice-président de la communauté et maire de Castanet, en charge de la mise en œuvre du plan climat énergie territorial, leur demandant de le reporter au prochain conseil. « C'est un dossier d'une importance majeure pour lequel il ne faut surtout pas débattre à la légère en peu de temps. Il en va de l'avenir de notre planète » précisait Arnaud Lafon, qui a tout de même voulu lever le voile sur un plan qui va interagir avec la société et tous ses acteurs. Un dossier que le Sicoval, réputé pour sa politique visionnaire notamment en matière d'environnement, a anticipé avant qu'il ne soit décrété obligatoire au 31 décembre 2012 dans tous les territoires.

D'abord établir le bilan carbone

Alors comment s'architecture ce plan climat énergie dont le socle est la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? D'abord, il doit être précédé d'un paramètre prépondérant : le bilan carbone. Comme le confirmait l'élu castanéen avec le discours d'une méthode très carrée : « La première étape de ce plan est en effet le bilan carbone. On doit recenser à travers ce bilan les domaines où l'on n'est pas performant. Un cabinet d'études a été nommé pour faire ce travail. Il en aura un coût de 30 000€. Nous avons aussi nommé en interne un chargé de mission, Jérémy Bernard. Une fois ce plan carbone en mains, on fera le bilan des émissions de gaz à effet de serre. Nous établirons par la suite un plan d'atténuation et d'adaptation. » Un programme d'actions verra ensuite le jour pour améliorer l'efficacité énergétique et augmenter la production d'énergie renouvelable. « Ces premières actions nous coûteront environ 60 000€. »

Soirée de lancement le 8 avril avec le public

Si à sa propre échelle, le Sicoval se fixe un devoir d'éco-responsable. Il est indéniable que la communauté d'agglomération doit aussi assumer le rôle de Père protecteur de l'environnement en fédérant et en mobilisant les acteurs du territoire. « C'est capital de sensibiliser la population. C'est pourquoi le 8 avril prochain (NDLR : le lieu n'est pas encore déterminé), nous donnons rendez-vous à tous les Sicovaliens pour une soirée de lancement de ce plan climat avec des débats et des films documentaires expliquant le pourquoi de l'absolue nécessité de ce plan » renchérissait Arnaud Lafon qui dressait une première liste des bénéfices de ce plan : « Il fera baisser la facture énergétique face à la hausse du coût énergétique et limitera les charges de fonctionnement. Il diminuera fortement la dépendance énergétique. Il permettra de combattre les situations de précarité énergétique et contribuera aux engagements mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre », et de rajouter la conscience en éveil : « Ce plan assurera le maintien du service public face à la raréfaction reconnue des énergies fossiles, le pétrole particulièrement, et les changements climatiques. » Le futur de la terre s'écrit au présent.

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